La Transju’Classic : Antoine Auger et Marie Kromer ouvrent la trace

09/02/2018
Transju Classique
©Michel Cottin/Agence Zoom

Samedi, La Transju’Classic 56 CT a sacré les Français Antoine Auger et Marie Kromer, déjà tenants du titre. Dimanche, les Tricolores pourraient à nouveau briller sur La Transju’ qui, pour ses 40 ans, empruntera les 68 km de son parcours originel, entre Lamoura (Jura) et Mouthe (Doubs). Une expérience unique pour les champions mais aussi pour tous les amateurs venus participer au plus grand événement nordique en France.

Il faut beaucoup plus que quelques gouttes de pluie et un peu de vent, certes froid, pour décourager les participants de La Transju’. Samedi, ils étaient 650, aux Rousses, à prendre le départ de La Transju’Classic, première épreuve du week-end avec ses 56 km à effectuer en style classique pour rejoindre Mouthe. En tête, deux habitués ont mené la course de bout en bout. Le point rageur en franchissant la ligne, Antoine Auger (E-Liberty Ski Team), déjà vainqueur l’an dernier a récidivé. Parti en compagnie de Thomas Joly (Team Nordique Crédit Agricole Franche-Comté) dans la montée du Risoux, (23e km), il a ensuite skié jusqu’à l’arrivée avec son compagnon avant de le devancer de quelques mètres dans la dernière ligne droite. Jean-Baptiste Viard-Gaudin (Arêches-Beaufort) complète le podium à près de dix minutes. « Je n’ai pas les mots pour dire ce que je ressens, confie le vainqueur, originaire de Chaux-des-Prés, à une dizaine de kilomètres des Rousses. Ma première victoire était très belle, mais je crois que celle-là l’est encore plus. En début de course, je me sentais bien. On s’est un peu tous jaugés et avec Thomas nous sommes finalement partis dans la montée du Risoux. Thomas est un jeune (20 ans) très prometteur et je me méfiais de lui. Je suis vraiment très heureux. Je n’ai que 23 ans mais ma carrière de haut niveau est déjà réussie avec ces deux éditions de La Transju’Classic. Je suis un enfant du pays et La Transju’ représente beaucoup. Je suis comblé. »

Marie Kromer, sa coéquipière du team E-Liberty, n’aura pas eu à sprinter pour aller chercher sa troisième victoire consécutive dans La Transju’ Classic. La fondeuse de Haute-Savoie qui fêtera lundi ses 26 ans s’est elle aussi échappée dans la montée du Risoux. Personne n’a pu la suivre. La skieuse a donc pu s’offrir le luxe de savourer son arrivée et même de pouvoir franchir la ligne avec la cloche offerte au vainqueur déjà autour du cou. « Ça fait vraiment plaisir car La Transju’, c’est l’épreuve la plus belle et la plus mythique du ski de fond en France, que ce soit en skating ou en classique, témoigne-t-elle. C’est vraiment bien de gagner surtout dans ces conditions difficiles avec cette pluie froide. Le parcours était plus roulant que l’an dernier mais la météo a rendu la course difficile. Sur la fin, j’avais hâte d’arriver. Dans trois semaines je serai au départ de la Vasaloppet (Suède) et La Transju’ m’apporte encore un peu plus d’expérience. »

Robin Duvillard et les Français à l’attaque de La Transju’

Ce dimanche, place aux adeptes du skating (style libre) avec en point d’orgue, l’historique Transju’ (départ 8h30) tracée sur son parcours originel de 68 km, entre Lamoura (Jura) et Mouthe (Doubs).

Étape de la Worldloppet, circuit qui rassemble les plus prestigieuses courses de longue distance dans le monde, La Transju’ a attiré un très beau plateau du côté des Élites. Vainqueur en 2017, Robin Duvillard sera particulièrement suivi dans une épreuve qu’il attend avec impatience. « J’ai déjà participé trois fois à La Transju’ mais deux fois sur un parcours d’une cinquantaine de kilomètres, explique le médaillé de bronze en relais aux Jeux olympiques de 2014, à Sotchi. La seule fois où j’ai fait toute la distance c’était il y a une bonne dizaine d’années. Je suis donc super content de revenir cette année sur le parcours originel. La Transju’ c’est ce parcours entre Lamoura et Mouthe. J’ai beaucoup d’envie. Même si j’avais prévu de toute façon de venir, ce sera aussi une façon d’effacer la déception de ne pas être retenu pour le 50 km des Championnats du monde de Seefeld (Autriche, 3 mars). »

Pour succéder à Ivan Perrillat-Boiteux, vainqueur l’an dernier mais absent cette année, Duvillard devra d’abord se méfier de ses compatriotes, à commencer par Gérard Agnellet, deuxième l’an dernier et actuellement leader de la Worldloppet, mais aussi Loic Guigonnet, Bastien Poirrier, Jérémie Millereau (vainqueur 2015), Benoît Chauvet (vainqueur 2011 et 2013), Adrien Mougel, etc. « Les Français sont le plus souvent aux avant-postes sur ces courses de longue distance, explique Duvillard. L’adversité sera donc de haut niveau. Les conditions météos annoncées (pluie et vent) peuvent rendre la course difficile au niveau du fartage. J’espère juste que ce sera une course régulière à ce niveau et qu’il n’y aura pas trop de différence sur la glisse. Tactiquement, il faudra être attentif, solide et à un moment prendre ses responsabilités. »

Au-delà de la performance sportive, Robin Duvillard insiste aussi sur l’atmosphère unique de la course. « J’aime ce partage. L’esprit d’une course comme La Transju’ est très différent de celui que l’on a sur le circuit classique Coupe du monde. Le « skieur du dimanche » a l’occasion de côtoyer des fondeurs de haut niveau. Peu de sports offrent cette opportunité. C’est aussi la richesse de notre discipline et de courses comme La Transju’ qui est avant tout une grande fête. »

Dans la course féminine, la Française Anouk Faivre-Picon semble bien placée pour succéder à la Savoyarde Aurélie Dabudyk. Elle devra d’abord se méfier de la Suédoise Maria Graefnings, victorieuse en 2017, deuxième l’an dernier et actuelle leader de la Worldloppet. Attention aussi à la Suissesse Sereina Boner et à l’Estonienne Tatjana Mannima.

Derrière les champions, ils seront plus de 2 000 à vivre l’expérience de La Transju’ avec pour beaucoup la seule ambition de relier Lamoura à Mouthe, de pouvoir dire « je l’ai fait », en montrant leur belle médaille de finisher.

Roxana Maracineanu, Ministre des Sports, sur La Transju’

La Transju’Marathon 48 FT, La Trans 25 FT et la Transju’Expérience, randonnée de 20 km pour découvrir les joies de la glisse sans se soucier du chrono complèteront le programme de la journée. Une journée également marquée par la présence de Madame la Ministre des Sport, Roxana Maracineanu, à l’arrivée de La Transju’. Venue soutenir l’association « Skier pour Elles » qui œuvre pour la promotion des bienfaits de l’activité physique dans la prévention des cancers et de leur récidive, la Ministre en profitera pour effectuer quelques kilomètres de La Transju’Expérience.

La Sapaudia, partenaire de La Transju’ sera également présente demain : ils seront près de 80 à courir une des deux distances pour sensibiliser au Don Volontaire de Moelle Osseuse et à l’Accompagnement du handicap.

Principaux résultats

La Transju’Classic – 56 km CT

HOMMES : 1. Antoine Auger, 2h45’26’’ ; 2. Thomas Joly, à 6’’ ; 3. Jean-Baptiste Viard-Gaudin, à 9’50’’.
FEMMES : 1. Marie Kromer, 3h20’08’’ (22e au scratch) ; 2. Laurie Flochon-Joly, à 7’58’’ ; 3. Lucille Germain, à 11’05’’.