Résultats Transju’trail 2017

Arnaud Jacquin s’offre une couronne

Le Pontissalien de 25 ans, qui vient de terminer ses études de chirurgien-dentiste, succède à Aurélien Patoz en remportant en solitaire le trail de 72 kilomètres.

Vous le voyez ? Vous ne le voyez plus ! Si un jour Arnaud Jacquin en a assez d’être chirurgien-dentiste, il pourra toujours se reconvertir en maître de la magie. Dès le départ de Mouthe, dimanche 4 juin à 5 h 30 du matin, le Pontissalien est passé entre les gouttes et à travers le brouillard. Dans des conditions dantesques, il a attendu de passer Morez, trois heures et 35 kilomètres plus tard, pour jouer un mauvais tour au groupe de tête composé de Thomas Cardin et Nicolas-Marie Daru. Eux ont fini au pied du podium (5e et 6e), lui a mis le turbo.
Vingt kilomètres plus tard, au pied de La Dôle, le traileur de 25 ans compte dix minutes d’avance sur son dauphin Ugo Ferrari. « Ça commence à être dur, mais il a l’air bien », nous souffle alors sa ravitailleuse, juste avant l’ascension. Après la course, en jetant un oeil dans le rétro, Arnaud Jacquin avoue avoir eu un petit coup de mou à ce moment-là : « Comme tout le monde, j’ai pris assez cher entre Morez et Prémanon (sic). Je suis arrivé congelé en haut de La Dôle, mais je me doutais bien que c’était pareil pour ceux de derrière », raconte le vainqueur.
En bon prestidigitateur, Arnaud Jacquin a bien caché son jeu. Le coureur du team Pontarlier a poursuivi son numéro en solo pour boucler ce 72 kilomètres en 6 heures 41 minutes et 23 secondes. Le Savoyard Ferrari est arrivé neuf minutes plus tard. Le Suisse Jean-Philippe Tschumi complète le podium à un quart d’heure.
Succès facile ? Pas vraiment, surtout quand on sait d’où vient le Doubien : « L’an dernier, je n’avais pas pu la courir parce que je m’étais cassé le coude et quelques dents après une chute à vélo. Cette saison, j’ai fait beaucoup de ski de rando cet hiver, mais j’ai passé ma thèse en avril et j’ai débuté très tard. J’ai repris l’entraînement tellement fort il y a trois semaines que je ne pouvais plus poser le pied par terre… », explique Jacquin.
Il succède à un autre Pontissalien, Aurélien Patoz, qui a fait l’impasse sur le rendez-vous du haut Jura cette année. Derrière lui, ses poursuivants ont bien essayé de le rattraper, mais le magicien était trop loin. Le Chambérien Ugo Ferrari, en mode diesel, a été le seul à suivre le rythme à distance après un début de course compliqué : « J’étais 7-8e au départ, je n’arrivais pas à faire mieux, mais en fait ceux de devant sont partis trop vite. Je les ai repris avant Prémanon, je me suis dit que [Arnaud Jacquin] allait peut-être coincer, mais ça n’a pas été le cas », explique le coureur de 25 ans. « Le premier ? Il était intouchable », résume Jean-Philippe Tschumi, 3e. « À mi-course, on l’a vu au loin dans la forêt on s’est dit qu’on allait pouvoir le prendre mais ça nous a mis dans le rouge alors on a plutôt visé le podium », poursuit le Suisse. Arnaud Jacquin a donc parfaitement réussi son coup. Un peu à sa surprise générale finalement. « Je ne sais même pas pourquoi ça a marché pour moi. Je n’avais jamais couru plus d’une demi-heure sous la pluie, et encore c’était sur le bitume pour un footing. Cette victoire, c’est surtout dans le coeur que ça compte car mes grands-parents ont vécu plus de 50 ans au-dessus de Mouthe », confie le traileur qui prendra le départ de la CCC cet été.

La fusée Blanchet sur orbite chez les dames

« La première était intouchable ». Le résumé d’Audrey Marchand est concis, mais il a le mérite de refléter parfaitement ce 72 km dames. Dimanche, il y a eu Juliette Blanchet et les autres. Grandissime favorite au départ, l’Iséroise de 37 ans a tenu son rôle en échappant aux pièges de cette Transju’ boueuse en 8 heures et 4 minutes. À l’arrivée, cette spécialiste des ultras aurait même eu le temps de repartir pour un 10 km puisque ses poursuivantes sont arrivées à plus d’une heure. « En fait, je préfère courir seule », sourit la championne, qui a pourtant connu un petit pépin en fin de course : « Je n’ai pas bien géré ma nourriture, je suis à sec depuis plusieurs heures donc ça a été un peu dur de finir », dit-elle.
Derrière, ça a été encore plus dur pour les autres. Audrey Marchand (2e en 09:13:46) a lâché Delphine Monnier-Benoit (4e) après Morez avant de fondre sur Murielle Lauriot (3e). « On m’a dit qu’elle n’était pas loin alors j’ai gardé mon rythme et j’ai pu revenir », savoure-t-elle. Murielle Lauriot (Master 1), elle, dû cravacher pour monter sur la boîte. « Je me suis battue avec la boue », confie la traileuse des Fourgs qui a aussi profité de la déconcentration de Monnier-Benoit, qui termine au pied du podium : « J’ai fait des erreurs de gestion. Au départ je ne lance pas mon chrono, du coup je ne sais jamais où j’en suis au niveau du rythme. J’ai passé ma course à faire des maths et à compter les kilomètres. Ensuite, je me fais doubler sans le savoir à un ravitaillement, je pense gérer ma 2e place alors que je suis 3e. Puis des lacets pas bien serrés et quelques cailloux dans ma chaussure font que mentalement je ne suis pas au top et je termine en marchant. Murielle m’a encouragée pour qu’on finisse ensemble, mais j’ai lâché alors qu’on était vraiment proche de l’arrivée », regrette-t-elle. Contente malgré tout de « [sa] médaille en chocolat ».

Deux Bourgeois pour un mystère

Pour fêter les 10 ans de la Transju’trail, il y avait une surprise – ou plutôt un « mystère », samedi. Et c’est le Lédonien Ivan Bourgeois qui a résolu l’énigme en premier.

Si la Transju verticale a été annulée en raison des risques liés à la stabilité du terrain, la course mystère organisée par Trans’Organisation a pu se dérouler sans problème, ce samedi 3 juin. Seule information à disposition des candidats jusqu’au dernier moment, la distance (55 km) et le rendez-vous : 6 h 30, devant la mairie de Morez. Ensuite, place à l’aventure pour les traileurs, embarqués dans un bus pour une destination inconnue, avec objectif de revenir au même endroit dans les meilleurs délais.
C’est sur la route forestière entre La Pesse et Giron que les concurrents ont pris leur départ, pour un itinéraire les faisant passer par le crêt de Chalam, les alentours du crêt Pela, la Sambine au-dessus de Prémanon pour finir par une dernière montée sur les hauts de Morez. Soit environ 55 km, comme annoncé , mais aussi 2 200 mètres de dénivelé.
« Un tracé roulant, parfois trop », pour Ivan Bourgeois (Lons Athlé 39), le vainqueur de cette première édition. « Un tracé sur lequel il faut toujours rester actif », explique-t-il.
Ludovic Bourgeois (Team running Conseil Jura) était en sa compagnie jusqu’à la mi-course, puis cette usure a fait son oeuvre, et malgré une lutte sur lui-même pour revenir sur la dernière partie, il termine deuxième, à 4 minutes. « Je suis parti derrière Ivan, je savais qu’il était plus fort que moi. Il était assez gentil sur les premiers kilomètres mais on sentait qu’il nous faisait mal. Dans ma tête je me suis dit : ‘’S’il me fait mal à moi, il fait mal aux autres’’. Au 25e, ça a commencé à accélérer, je me suis accroché et quand j’ai vu derrière que ça décrochait j’ai laissé partir Ivan pour me mettre dans mon rythme », commente Ludovic Bourgeois, qui s’était blessé à la cheville sur le 72 km l’an dernier.
Hugues Raymond (Saint-Lupicin SC) complète ce podium, avec dix minutes de plus au compteur.
Chez les dames, Hélène Hanrot l’emporte en 7 heures et 23 minutes, cinq minutes seulement devant Anne Villemin qui était pourtant en tête sur toute la première moitié de la course : « À Lajoux, je me suis trompée de chemin, il a fallu revenir complètement en arrière pour repartir », regrette-telle.
Cette première édition est globalement une réussite qui n’a reçu que des éloges des concurrents. Le mystère est éclairci !

Les résultats complets → par ici

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